La punition, difficile à gérer correctement

La punition. Voilà un thème aussi vaste que personnel, qui génère des débats parfois houleux mais toujours argumentés dans la communauté très avertie des parents. Mais alors, la punition fait-elle partie de l’éducation ou au contraire, est-elle à éviter ? Quelques éléments de réponses ci-dessous.

Il a suffit d’un post sur notre page Facebook, placé à l’origine sous le signe de l’humour, pour que les passions se déchaînent. Le cœur du débat ? Un tabouret / sablier plutôt insolite, imaginé par la marque Wisteria pour punir « ses enfants dans les temps ». Si elle a fait souvent sourire, cette assise nouvelle génération a également suscité d’énormes vagues d’indignation. C’est alors que nous avons compris l’ampleur de la chose : la punition soulève bien des contestations.

Le cœur du problème ? La définition même de la punition.

Si certains estiment qu’un petit passage au coin ne peut pas faire de mal, d’autres rappellent à l’ordre en invoquant quelques sinistres habitudes du passé, comme le martinet et le bonnet d’âne. Aussi est-il nécessaire de replacer le débat dans son contexte, avec les codes de nos temps modernes, pour bien comprendre les bienfaits ou les impacts négatifs selon les avis, de la punition sur nos bouts de chou.

Les moeurs d’aujourd’hui sont-elles trop laxistes ?

Il fut une époque où la punition faisait partie intégrante du quotidien des familles. Des ouvrages édités sous la coupe de pseudo grands spécialistes, servaient parfois de guide de a punition parfaite, en faisant l’apologie de la fessée ou du coup de fouet. Aujourd’hui les choses ont changé, et les châtiments corporels autrefois plébiscités, sont dorénavant considérés comme de la maltraitance. Bien qu’un parent donnant une fessée à son enfant ne soit pas un mauvais parent pour autant (cela peut arriver à tout le monde), notre génération semble privilégier le dialogue et la communication comme seule règle d’éducation.

Pourtant, selon la majorité des mamans et papas, une punition de temps à autre, du moment qu’elle n’est pas disproportionnée est nécessaire pour recadrer les choses. Mais alors, comment se positionner et trouver l’éducation juste ? Existe-t-elle seulement ? Il semblerait que la bonne réponse se trouve en chacun de nous. Il n’y a malheureusement pas de recette miracle et chaque parent adapte son autorité aussi en fonction du caractère propre de son enfant.

Bien sûr, il existe des choupinoux sages comme des images, qui s’opposent très rarement aux règles de vie de la maisonnée. D’autres, un peu moins faciles, demandent plus d’attention et parfois, de correction. Un juste milieu est- il possible ? Nous sommes convaincus que oui, et c’est sans doute sur ce chemin là qu’il faut avancer…

La punition, un problème de société ?

Tout ici est question de points de vue qui divergent souvent entre les foyers. Lorsque l’on évoque le mot « punition », il y a ceux qui s’y opposent et qui pensent automatiquement à une humiliation, une privation voire un châtiment physique. De l’autre côté, des parents qui voient en la punition une simple façon de calmer une tempête, avec une mise au coin temporaire ou une télé éteinte.

Il semblerait pourtant que la punition légère, il en convient, ne soit pas aussi diabolisée qu’il n’y paraît dans notre société. A l’école, il existe des punitions certes rébarbatives mais qui ont la dent dure, sous forme de lignes ou d’interdiction de récréation. Les émissions de télévision dites pédagogiques comme les fameuses Super Nanny, louent elles aussi la punition comme un acte d’éducation nécessaire dans certains cas.

Pourtant, tous les spécialistes s’accordent sur ce point, il ne faut pas prendre la chose à la légère et surtout ne pas tomber dans la facilité. Punir son enfant est un choix, encore faut-il le faire avec l’art et la manière…

Ce n’est pas systèmatique.

Oui, punir son enfant n’est pas agréable. Avec leurs moues boudeuses et pleines de colère, la chose est bien souvent mal vécue. Mais est-ce un mal pour un bien ? Les avis divergent de nouveau, et c’est dire la complexité du débat. Cependant, il y a une réalité sur laquelle tout le monde se mutualise, c’est qu’il ne peut y a avoir de punition positive dans l’éducation d’un enfant, sans qu’il n’y ait un dialogue autour.

On ne le répétera jamais assez, la communication est la clé de voûte de l’harmonie familiale. Aucune punition ne peut être justifiée et compréhensible par un enfant si elle n’est pas accompagnée de quelques mots certes fermes mais explicatifs, pour que le bambin et sa sensibilité ne soient pas altérés.

Quand un enfant sort du cadre dans lequel il est sensé évoluer, il est très habituel d’envisager automatiquement la punition. Même si parfois cela peut être agaçant de répéter dix mille fois les mêmes choses, c’est pourtant ce phénomène de répétition plutôt qu’un châtiment punitif instantané qui aidera un enfant à rentrer sur le droit chemin. L’essentiel ici est que le pitchoune en question assimile profondément ce qu’il a fait de mal pour qu’il intègre qu’il ne faut plus dépasser certaines limites, au risque de troubler l’ordre, la sanction si elle s’avère réellement nécessaire, doit toujours rester objective et intelligible pour vos petites fripouilles.

Elle ne doit en aucun cas mettre en péril l’intégrité physique de l’enfant ou être traumatisante. Les menaces ou caractère angoissant d’une punition sont à bannir. Une mise au point dans un petit coin tranquille pour reprendre ses esprits peut parfois être utile si elle est précédée ou suivie d’une explication les yeux dans les yeux, mais il est, d’avis des pédopsychiatres, inutile voire dangereux d’aller plus loin…

Et pour aller plus loin dans le raisonnement…

Si la punition telle qu’elle est imaginée par chacun d’entre nous est soit normalisée, soit complètement absurde, il existe cependant un procédé bénéfique pour l’enfant en toutes circonstances : la réparation. Plus efficace qu’une sanction classique, elle permet aux petits chenapans de comprendre chacune des conséquences d’un mauvais geste par exemple.

Un bout’chou qui dessine à même la table alors que cela lui a été formellement interdit, peut avoir pour principe de « réparation », de nettoyer la table pour « réparer » sa bêtise. Plutôt simple et adapté dans beaucoup de situations du quotidien, ce procédé fera gagner votre bambin en responsabilités, puisqu’il aura pleinement conscience de ses actes.

En présence d’un petit bout difficilement gérable avec lequel la communication semble rompue, mieux ne pas attendre le « pétage de plombs » général. Ici, nulle honte à avoir, le plus simple étant de consulter un spécialiste qui pourra aiguiller chaque parent en fonction de la situation. Ne pas réussir à cadre un enfant ne veut pas dire que l’on est un mauvais parent, il y a parfois des malaises plus profonds pour lesquels une aide extérieure peut s’avérer très utile…

 

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